dimanche 2 octobre 2011

Cigrons amb bacalla i espinacs (soupe aux pois chiches, épinards et bacalao)

La super Isa a un concours de soupes ces jours-ci. Il fait plus froid dehors, donc une bonne soupe, super!
Mais laquelle choisir? Moi qui en ai déjà fait des tas, dont la meilleure soupe réconfort au poulet et légumes du monde,  au poisson « de luxe », clam chowder, mexicaine, marocaine, italienne, tonkinoise au canard, et même une soupe verte, entre autres!
Mais je n’ai pas hésité bien longtemps et j’ai choisi une super recette espagnole, pour rester dans le thème du mois ;) , qui m’a été servie dans un resto sur la route vers Tarragone. Comme dirait ma blonde, c’est un peu moi en condensé : des légumineuses, de la morue, de la tomate et des épices!
Beau, ben bon, pas cher, vous allez voir!
Recette pour 4 personnes
Temps à prévoir : 30 minutes
Source :
Barcelone, Gastronomie et Cuisine
-    Un morceau de morue séchée salée (environ 300g, soit environ 5 $), que vous faites tremper 24 heures pour dessaler, en changeant l’eau toutes les 4-6 heures. Si votre paquet contient deux morceaux, prendre le moins beau pour faire cette soupe (ex. la queue), car on va la couper en morceaux de toute façon.
-    Deux cuillères à soupe de farine tout usage
-    Un oignon haché
-    Deux trois gousses d’ail, hachées
-    Une grosse tomate rouge, en dés
-    Deux boites de pois chiches, égouttées
-    Une feuille de laurier
-    Une tasse et demie de bouillon de poulet léger
-    Environ une cuillère à thé de paprika (type pimenton)
-    Un sac d’épinards frais, les nervures en moins
-    Deux cuillères à soupe de noisettes, hachées

ü Couper la morue en morceaux de un pouce environ, et enfariner légèrement.
ü Dans une casserole, faire chauffer un peu d’huile et faire cuire la morue pour la dorer un peu. Réserver la morue.
ü Dans la misma casserole, faire revenir l’oignon à feu doux, 5 minutes.
ü Ajouter l’ail et cuire une minute.
ü Ajouter la tomate et cuire 4 minutes.
ü Ajouter les pois chiches, la feuille de laurier, le pimenton, le bouillon, saler poivrer. Cuire 5-8 minutes.
ü Ajouter la morue, et les épinards. Cuire avec couvercle, à feu doux, environ 10 minutes ou quand les pois chiches sont biens cuits.
ü Au moment de servir : ajouter un peu de noisettes grillées sur la soupe.
Pour une version de cette recette à imprimer facilement, sans blabla, cliquer ici !

Et ça, c'est le livre à gagner:

samedi 1 octobre 2011

Après Barcelone, 10 jours en Catalogne (partie 3 de 4)

(en passant, je ne peux laisser de commentaires sur vos blogues... J'écris un petit message à la suite de vos super recettes, sérieux et tout comme toujours, et quand je clique "publier message", tout s'efface! Aaaargh! J'ai essayé plusieurs identifiants, et ça fait la même chose. Ceux de ma bloglist, juste pour vous dire que je vous aime même si je ne vous écris pas ... car je ne peut pas vous écrire ! :) Espérons que ça va se régler...)



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Suite de nos aventures à Barcelone, partie un et deux !
(tshirt que je voulais pour moi ... mais il n'y avait que des tailles enfants :) )
Mercredi, départ en taxi vers le comptoir de location Hertz sur la Diagonale. On loue une Opel diésel, une petite voiture qui en a dedans!
Mais petite épreuve que sortir du stationnement souterrain (disons que les personnes qui travaillent dans les stationnements souterrains ne sont généralement pas engagées pour leur entregent et leur courtoisie!). Au moment de sortir, ma carte ne fonctionnait pas à la barrière du stationnement, alors je sors de la file par courtoisie, car il y avait des voitures derrière moi, vers une voie déserte. Je fais donc 20 pieds dans un sens unique du stationnement souterrain autrement désert avant de reprendre le bon chemin, et le con, car s’en était un, gueule « Contradirection! Contradirection! ». La prochaine fois, je reste là, je bloque sa file et je le laisse se démerder avec ma carte qui ne fonctionne pas! ;)
Aussi, le couloir souterrain nous éjectait du stationnement environ 500 mètres plus loin que là où on pensait sortir, en plein trafic, alors que nous ne savions pas où nous étions ! J’allais arrêter pour qu’on regarde la carte quand on a finalement trouvé notre voie, facilement.
On sort de Barcelone rapidement, direction autoroute A-2. Premier arrêt après environ trois heures de route, l’imposant Castillo de Loare (monastère et château médiéval) sur un super site dominant la vallée plus bas de 1 000 mètres! Mais c’est fermé, alors on en fait le tour, on admire, et on déguédine.
Deuxième arrêt, les Mallos de Riglos! Il s’agit de formation rocheuse comme celle du pain de sucre à Rio, de 400 mètres de haut et de couleur rouge! Très cool endroit. Et jolies opportunités de photo, avec le village à ses pieds!
On a mangé dans un refuge de randonneurs (salade verte puis bacalao aux légumes grillés, très bon!), mais c’était salé en titi! 30€
Je crois que l’ingrédient de base de la cuisine catalane est le sel! Moi qui ne sale pas beaucoup! Et leur ketchup, c’est l’huile d’olive!
On a ensuite pris une route « panoramique » (mais y avait rien à voir?) vers le monastère de San Juan de la Peña. C’est un monastère bâti vers l’an 1100 dans une anfractuosité d’une falaise de pierre rouge. Entrée 11€/adulte
La légende dit qu'un chasseur noble suivait un gibier et a failli tomber de la falaise qu'il n'avait pas vu, mais il a flotté. Il a donc décidé d'y faire un monastère. Je ne sais pas si cette histoire est vraie. :) Le site est pas mal, mais l’accès à ce site ne se fait que par autobus, et ces autobus ne sont qu’aux demi-heures. Joyeuses pertes de temps, alors que la ride allée retour ne prend que 5 minutes, et que le chauffeur dort dans son bus le reste du temps…
On reprend la route et on arrive rapidement à notre hôtel (Hotel Casbas) à Senegue. Joli hôtel en bordure de route, dans un petit hameau de 95 personnes. Un sherry nous attendait à la chambre. On y mange le soir : une entrée d’aubergine, thon,  fromage et coulis de tomate (miam) et un poisson frit (perlitas, genre merluz), bien bon. On boit une bouteille de Montesierra, blanco joven (?), appellation Somontano, de cépages macabeo et chardonnay. Touche de sucre résiduelle, mais pas mal avec notre repas.
Et tout ça (bouteille de vin et H20 inclus) pour 11€!
Jeudi, départ vers la vallée d’Ordessa, un parc national dans les Pyrénées, par une belle route panoramique à pic à faire damner ma blonde. Moi? J’adore.
Mon prix pour le panneau routier le plus inutile qui soit: celui-ci qui nous indique qu'on est sorti du tunnel :)
À Ordessa, on a fait une randonnée dans la vallée de Ordessa (cirque de Soaso). C’est une randonnée de 6 heures et comme il faisait pas pire chaud, on en a bu de la flotte! Fatiguant au début, mais on a pris un beat de marche et le reste de la journée s’est bien passé. Ça débute comme une promenade sur le Mont-Royal, mais éventuellement ça tourne et il y a moins d’arbres et le paysage devient grandiose. Les hauteurs! Les couleurs! L’odeur de sous-bois est unique. Mais les paysages sont magnifiques. Il faut y aller une fois dans sa vie! Il y a au moins trois chutes de 100+ mètres, et la dernière est vraiment belle (chute en terrasse, comme un escalier). On a fait un pique-nique devant une des chutes.
Retour vers notre hôtel à Senegue, puis on se donne un coup de pied au fondement et on retourne marcher pour l’exploration du village de Senegue (rappel : 95 habitants). Village ben tranquille, charmant. J’y habiterais volontiers. Il y a deux places publiques, avec des papis locaux.
Retour à l’hôtel. Crème de légumes et fèves, ragoût d’agneau aux légumes puis  fromages et pâte de fruits. Miam!
Vendredi!
On a ajouté le village d’Ainsa à notre itinéraire, suite à une recommandation d’un voisin de table la veille. Et il avait raison. La route panoramique pour y aller est vraiment panoramique et le paysage superbe. Il y a même des vaches qui se sont installées sur les endroits où on peut arrêter pour les points de vue (hé, faut bien qu’elles regardent aussi!). Mais on n’a pas vu de Shamwow.
Ce village médiéval d’Ainsa est pas mal cool, installé sur le top d’une colline (580 m d’altitude), avec ses rues pentues et ses places publiques du 19e. Comme c’est relativement récent, ce village n’est pas entouré de fortifications, ce qui lui donne un look différent. Très joli, tout est en pierre. L’église a un cloître triangulaire, en raison de la configuration de l’espace disponible. Unique. Jolis heurtoirs de portes d’entrée (j’en veux un chez nous!).
Puis route vers la Méditerranée! En premier, entre Ainsa et Barbastro, superbe route panoramique qui longe un lac artificiel de couleur aquamarine. Sa couleur est probablement due à la poussière de roche en suspension dans l’eau.
Arrêt au resto Masia Salat dans le village de Les Borges Blanques (ce qui ressemblait à un truck stop, mais finalement c’est un restaurant familial réputé. On est bien tombé!). Un tantinet crosseur : comme on ne parlait pas catalan, on a eu un menu à la carte alors que les plats du jour étaient pas mal moins chers. Que cela ne tienne, on a quand même commandé sur le menu du jour, on n’est pas nés de la dernière luvia! Soupe en entrée, « cigrons amb bacalao », une super soupe aux pois chiches, morue séchée salée desséchée dessalée et épinards. Note de 11 sur 10 pour cette soupe. Vraiment bon! Je vais essayer de vous en faire une un jour, promis. 20€
Puis un petit épisode de honte mécanique. Comment on ouvre la porte pour mettre du gaz dans c’t’hostia de bagnole? On a cherché au moins 20 minutes une manette sous le tableau de bord, le long de mon siège, des explications dans le guide d’utilisateur, j’ai même reviré le char de bord, rien du tout. Puis ma blonde a flashé. « Minou, ferme donc le moteur », puis une simple pression sur la porte l’ouvre …
Deuxième questionnement ésotérique sur cette bagnole: la voiture est diésel, et sur le tableau de bord c’est écrit « diésel/gasoil » mais à la pompe c’est « gaseole » en catalunaire. Gasoline? Diésel? Gaseole et diésel, cé ti la même chose? J’ai demandé à un sympathique truckeur (qui doit la rire encore).
Bon bref, repus et ravitaillés en gaseole, on repart vers Tarragone. En route, on voulait voir un aqueduc romain, mais jamais vu. Bon, pour la prochaine fois.
À Tarragone, dans un vaste rond point, je me demande « kou don, leur priorité, c’est à gauche ou à droite? » jusqu’à temps ou un gus à ma gauche me klaxonne. « OK, il a la priorité » ke je me suis dit :)
Arrivée à l’hôtel Lauria, sur les Ramblas Tarragonesques.  Hôtel bien situé, mais un tantinet vétuste ( mais tout de même pas autant que les ruines romaines à proximité). Avec piscine.
On visite l’amphithéâtre romain (-1er à -2e siècle), cool. Mais le plus cool est que des chrétiens y ont été martyrisés par des Romains - pas le fait qu’ils aient été martyrisés, mais la suite :) Donc plus tard, les Romains ayant déguerpi, les chrétiens ont fait une chapelle en l’honneur des martyrisés sur le lieu même de leur martyr, donc à l’intérieur de l’amphithéâtre (et en utilisant des pierres provenant de murs de l’amphithéâtre, les vandales!). Tout ça est depuis tombé en ruines et aujourd’hui cela donne ça, l'un dans l'autre :
Un mélange d’époques. Bien sûr, les chrétiens espagnols n’ont jamais eu recours aux mêmes procédés barbares! :)
Bouffe à la chambre, relax.

lundi 26 septembre 2011

Le Bouilli du Québec – un slow-food d’automne!

Même si les p’tites vites sont parfois très satisfaisantes ;) , il n’y a rien qui bat une cuisson longue et prolongée de votre aliment préféré! Il faut prendre le temps de bien faire les choses!
C’est pourquoi je suis vraiment très sympathique au mouvement slowfood!
Oui, parfois on n’a pas le choix et on court comme des fous pour rattraper son air, mais dans ces cas là, pourquoi ne pas choisir d’en faire moins? Rien ne nous oblige à en faire autant, à part nous même. Ben oui, on a le droit de dire non et de refuser certaines choses, d’enlever des choses à notre horaire de fou. On a le droit de juste rien faire…
L’organisme slowfood fait la promotion de l’alimentation locale, du plaisir et surtout de la sauvegarde des traditions culinaires. Intéressant. Bon, oublions un instant les foodies qui lisent les blogues de bouffes. Combien de personnes dans votre entourage, de moins de 50 ans, savent comment faire une tourtière? Un cipâte (ou cipaille)? Des cretons? De la tire de la Sainte-Catherine? Un ragoût de pattes? Une soupe aux pois? Un bouilli québécois?
Comme la danse et le chant, qui ne se pratiquent plus vraiment aujourd’hui, je crains fort qu’on en vienne à perdre nos traditions culinaires… Et ces traditions, on les remplace souvent par quoi? La malbouffe (restauration ou alimentation à réchauffer vite! vite! vite!). Bien dommage, pour nos traditions … et notre tour de taille d’ailleurs!
Enfin, c’est un autre débat, l’obésité, on en reparlera.
C’est l’automne depuis peu, et les marchés débordent de légumes du Québec. Pourquoi ne pas prendre le temps de se faire un bon bouilli de chez nous? Au bœuf et aux légumes d’ici? (OK, Éphée, au tofu si tu veux :), je serais curieux d’y goûter!)
Est-ce qu’il y a quelque chose de plus réconfortant? ;)
Que ce plat humble retrouve ses lettres de noblesses!
On nomme ce plat « pot-au-feu » chez nos voisins d’outre Atlantique, et ce plat a de nombreuses ressemblances à notre bouilli québécois : une viande lentement cuite dans un bouillon, puis des légumes de saison, que l'on cuit longuement pour les attendrir.
Je propose ici la version traditionnelle québécoise, où la viande est cuite un jour, et le reste le lendemain (ou sinon tout ça commence en début d’après-midi pour le soir). Cela vous donne l’occasion de dégraisser le bouillon si le cœur vous en dit (personnellement, je ne le dégraisse que sommairement).
Puis vous réchauffez, et vous ajoutez les légumes, en deux fois selon le temps de cuisson. Je vous conseille de ne pas surcuire les légumes!

Recette pour 8 personnes
Temps à prévoir : 20 minutes de préparation, et pas loin de 3 heures trente de cuisson en tout
Source : recette traditionnelle, dont celle de mon père, et ajouts à la moi!

Cuisson de la viande :
-    1 rôti de palette de 1,5 kilo, d’environ 1 pouce et demi d’épaisseur, désossé (ou avec os, ça a peu d’importance en fait)
-    H20, pour recouvrir la viande de deux trois pouces, selon la taille de votre marmite (laissez-vous de la place pour la tonne de légumes!)
-    Un morceau de lard salé (flanc de porc salé, idéalement avec viande)
-    Un oignon, coupé en quartiers
-    Un trait ou deux de bouillon de bœuf concentré
-    1/2 cuillère à thé (2 ml) de thym
-    1 feuille de laurier

Première cuisson de légumes :
-    6-10 carottes, en rondelles
-    Pommes de terre en grelots, environ une vingtaine
-    Un rutabaga (navet, ou chou de Siam!) en quartiers d’un pouce d’épais

Deuxième cuisson de légumes :
-    Une bonne poignée d’haricots verts, et une autre d’haricots jaunes
-    Un petit chou vert, coupé en 8

ü Faites saisir les deux côtés du rôti de palette dans une casserole, dans un peu de beurre ou d’huile.
ü Ajouter les autres ingrédients, faites bouillonner puis baissez le feu à très doux. Pas besoin de saler, le morceau de flanc de porc salé s’en occupe.
ü Laisser mijoter doucement au moins deux heures, peut-être trois. Cette étape est prête quand les tendons de la viande ont fondus, que la viande est très cuite mais la viande doit encore rester en un seul morceau.
ü Laisser reposer une nuit, si vous voulez dégraisser. Si c’est pour le soir même, laisser sur la cuisinière. Cela va détendre la viande encore plus
ü Une heure trente avant de passer à table, commencer à réchauffer doucement. Quand c’est chaud, ajouter la première liste de légumes (les légumes-racines) et laisser mijoter doucement 30 minutes, puis ajoutez l’autre série de légumes (haricots et chou vert), laisser mijoter un autre 30 minutes, ou moins si vous préférez vos haricots croquants. Goûtez, vénérez-moi, et salez au besoin.
ü Roulez-vous par terre et tricotez-vous une ceinture fléchée.
ü S’il par hasard il en resterait, passez les restes du bouilli au vroom pour faire un potage! (avec une boite d’haricots blancs?)
Pour une version de cette recette à imprimer facilement, sans blabla, cliquer ici !