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mercredi 9 mars 2011

Rouelles de saumon, et escargots, sur une émulsion aux herbes

Un grand retour pour la bouette verte, je m’étais ennuyé, et vous aussi sûrement?
Cette recette est jolie et pas trop longue à faire. C’est ajustable facilement selon le nombre de convives. Les rouelles peuvent être coupées et roulées à l’avance, puis déposées sur une plaque mise au frigo. Idéal pour recevoir un groupe d’amis!
Mon fils m’avait demandé des escargots il y a un petit bout, et j’ai fait un combo saumon-escargots. C’était exquis, encore une fois avec des choux de Bruxelles à la Pol.

Je fais d'ailleurs souvent ces escargots sur mixture verte en entrée.

Recette pour 2, 4, … personnes
Temps à prévoir :
30 minutes en toutSource : Oune émission di Padre Daniel Pinard

- Une recette d’émulsion aux herbes (cresson, persil ou coriandre, ail et échalote verte)
- morceau de saumon, long de 8 pouces environ (ou encore un mélange saumon et truite, joli contraste de saveurs et de couleurs)
- 1 boite d’escargots par deux convives (et bouillon de boeuf en même volume)
- Amandes effilées
ü Couper les saumons en lanières, sur le sens de la longueur, puis enrouler ces lanières pour façonner ces rouelles. Mettre sur une plaque allant au four, ajouter un trait d’huile d’olive, sel et poivre, et enfourner à 350ºF

Pendant ce temps
, je voulais juste noter une tendance idiote dans les shows télévisés de bouffe (je le remarque souvent à Food TV), soit le cuisinier qui ajoute un trait d’huile d’olive sur quelque chose en mettant son pouce sur le goulot de la bouteille pour en contrôler l’ouverture. Ça fait une belle image de chef énergique, mais c’est totalement idiot, car cela contamine l’huile!

Et le chef a un pouce huilé. Utile, ça, dans une cuisine?


ü
En même temps, faire dorer dans un peu de beurre les amandes effilées.
ü Et faire réchauffer les escargots dans du bouillon de bœuf, c’est prêt quand c’est chaud (les escargots ne doivent surtout pas bouillir sinon ils seront durs et inmangibles).

Si vous n'avez jamais essayé les escargots ainsi, je vous recommande cette méthode de cuisson.
ü Servir tout ça sur un fond de bouette verte, et aimez-vous les uns les autres.

mardi 5 octobre 2010

Flétan à la mixture verte, et carottes braisées au gras de canard

C’est le grand retour de la Mixture verte ! J’en profite ici pour faire pocher un filet de flétan, et d’accompagner le tout de légumes braisés au four dans le gras de canard, miam!
Chez Daniel Pinard à l’époque, c’est Normand Laprise de chez Toqué! qui avait expliqué comment faire ces sensationnels légumes grillés au gras de canard. Je suis accro depuis et j’en fais avec n’importe quoi : plusieurs sortes de pôtates (blanches, rouges, grelots), pôtates douces, carottes, céleri-rave (miam!), bulbe de fenouil, etc. puis je fais des napoléons (présentation en étage de tout ça). Très joli dans l’assiette et bon en plus. Le truc est de faire blanchir tout ça selon des temps différents, pour qu’ils cuisent ensuite en même temps dans le four.
Ici, je reste calme, rien de napoléonien, et je ne fait que des carottes. Mais j’ai choisis un paquet de carottes de toutes les couleurs (orange, jaunes, violettes). Joli et bon.
Joli contraste aussi avec la mixture verte.

Recette pour 4 personnes
Temps à prévoir :
environ 45 minutes au totalSource : Tout ça vient de chez Pinard, il me semble, et une touche de moi en prime.

- 4 gros morceaux de flétan, d’environ un pouce (2,5 cm) d’épaisseur (ça coûte un bras! Je ne savais pas que le flétan coûtait maintenant presque aussi cher que le thon!)
- Bouillon de poulet léger
- Mixture verte (celle-ci à la coriandre, persil et roquette, en plus de l’ail et de l’échalote), chaude
- Carottes de couleurs variées
- Gras de canard fondu (micro-ondes)
ü Faire blanchir les carottes dans l’eau bouillante, 2 minutes. Les disposer dans une lèchefrite, verser le gras de canard fondu et en enrober toutes les faces des carottes.
ü Mettre la lèchefrite à 450ºF (230ºC), et les retourner aux 8-10 minutes. Les carottes sont prêtes quand elles sont bien dorées comme sur la photo :

Ça prend environ 25-30 minutes. Saler, puis les réserver, et les réchauffer avant de servir.
ü Faire pocher le flétan dans le bouillon de poulet léger : mettre le poisson dans le bouillon froid (pas chaud, cela saisirait et durcirait le poisson!) et chauffer lentement jusqu’à frémissement.
ü Ne pas faire bouillir, et laisser plutôt le poisson frémir ainsi pour environ 5 minutes. Écumer au besoin.
ü Sortir le poisson, et enlever la peau et les os, en gardant les filets le plus possible intact.
ü Garder le bouillon de cuisson du poisson pour faire une soupe! Je vous reviens là-dessus très bientôt.
ü Au moment de servir, faire saisir quelques instants les filets de poisson dans une poêle chaude et huilée, pour les colorer, et déposer sur un lit de mixture verte. Miam!

Pendant ce temps
, un disque paru récemment, Watching you think, de la chanteuse montréalaise NEeMA. NEeMA est une protégée de Leonard Cohen, ce qui a attiré notre attention.

Écoutez un extrait de la première toune du disque, Unspoken. Moi, je craque!

C’est elle qui écrit ses textes. Elle réussit à passer beaucoup d’émotion avec cette jolie voix, un peu fragile. Ajoutez une contrebasse et une guitare sèche gitane, très bon!
Some things are better left unspoken
better left unsaid
some stories better left unwritten
letters left unread
Elle est née à Montréal de parents égyptiens et libanais. Elle a voyagé pas mal. C’est papi Leonard qui l’a aidé à écrire ce deuxième disque et qui a fait la jolie pochette du disque.
C’est charmant sur disque, je suis très curieux de la voir sur une scène!

samedi 20 mars 2010

La mixture verte! (émulsion aux herbes fraîches)

La « mixture verte », c’est comme ça que mon fils - alors jeune adolescent - appellait cette émulsion d’herbes fraîches. Selon lui, j’ai pris un jour la décision hérétique de napper son steak avec cette horrible « mixture verte » peu à son goût. C’était sublime mais il était alors peu ouvert à l’idée et me l’a reproché longtemps en public!

Mais bon aujourd’hui il est (presque) adulte et apprécie (enfin!) cette émulsion… en autant qu’elle ne se retrouve pas sur son steak!

Alors, quand il fait partie des convives, je la réserve donc à l’accompagnement des poissons blancs grillés ou poêlés, ou des pétoncles, ou des escargots. J’aime bien napper l’assiette de cette sauce, y déposer le poisson dessus et parfois ajouter une salsa de tomates sur le poisson. Le contraste verdure/tomate et cuit/cru est divin.

Mais si mon fils n’est pas là, cette émulsion accompagne bien un filet mignon ou autre bon steak bien grillé – mais alors à l’italienne, dans une version avec plus d’ail que dans la recette qui suit! Elle est alors servie sur la viande, et non dessous.

Ma blonde adore ça, sauf qu’elle nomme cette émulsion la « bouette verte »… Quel respect pour cette recette!

Voici donc ces deux recettes – l’émulsion aux herbes fraîches et la salsa de tomate crues.

Sauce pour 4 personnes
Temps à prévoir :
préparation environ 10-15 minutes
Source : il me semble que c’est le père Daniel Pinard qui avait donné une recette similaire, que j'ai adapté à la moi. On s’ennuie, monsieur Pinard! ;)

- Une botte de persil italien, le bout sec des grosses tiges enlevées.

- Une bonne poignée de basilic frais, disons une tasse serrée

- Utiliser d’autres herbes? Pourquoi pas! On pourrait remplacer le basilic en tout ou en partie par une autre herbe (coriandre, cresson, menthe, etc.), mais faire attention de ne pas trop mélanger les herbes sinon la sauce aura un goût trop métissé et indéfinissable – un goût de "dessous de tondeuse", comme dirait ma blonde!

- Ajouter des câpres au blender? Miam!

- 2-3 gousses d’ail, ou plus

- 2-3 échalotes vertes, ou plus

- Huile olive

ü Dans une petite casserole, pousser l’ail, les échalotes et le max d’herbes dans le minimum d’eau bouillante (environ une demi tasse (125 ml) pour tout ça? Les herbes vont ramollir en cuisant et tout sera éventuellement submergé). Ajouter de l’eau bouillante au besoin.

ü Ne pas couvrir (on ne couvre jamais les trucs verts que l'on fait cuire) et faire bouillir 3 minutes en poussant les herbes dans l’eau à l’aide d’une fourchette

ü Prélever et garder un petit verre d’eau de cuisson

ü Égoutter dans une passoire et passer rapidement à l’eau très froide. Cette étape permet de garder la belle couleur vert vif des herbes fraîches et éviter que votre sauce ne soit grisâtre et triste.

ü Passer au robot mélangeur (ou le bizzz bizzz de Braun), avec 3-4 cuillères à soupe d’eau de cuisson. Si le mélange manque d’eau pour être réduit en bouillie fine par le blender, ajouter une cuillère à soupe d'au de cuisson à la fois. N’ajoutez pas trop d’eau pour conserver le goût herbacé prononcé de cette sauce.

ü Ajouter 2-3 cuillères à soupe d’huile d’olive au mélangeur, puis une cuillère d’huile à la fois, jusque consistance d’une bouillie. Attention de ne pas en mettre trop car l’émulsion va tout absorber l’huile que vous allez mettre, mais va goûter l’huile plutôt que les herbes. Moins bon.

ü Saler allègrement, et poivrer aussi joyeusement.

ü Réchauffer doucement avant de servir. Si l’huile se sépare de la sauce émulsion, brasser vigoureusement pour réhomogénéiser la sauce.

ü Servir sous le poisson, avec une petite salsa crue de tomates dessus (dés de tomates italiennes épépinées, persil italien ou coriandre, échalote verte, citron et huile d’olive)

ü Option : Je viens de relire l'original, et Daniel Pinard ajoutait de la crème 35 % à l’émulsion, ce qui rajoute un niveau de cochonçeté. C’est pas mal mais l’émulsion toute seule, sans une touche … de crèèèèmeu, se suffit très bien!

Pendant ce temps, je me disais en écrivant cette recette que finalement la seule sorte de cuisine qui ne devrait jamais figurer sur les pages de ce blog est cette folie de cuisine moléculaire ... et autres expériences similaires directement sorties de laboratoire de savants fous.

Je suis d’avis que cette mode (car s'en est une) est passagère et qu’on retournera bientôt à une cuisine plus traditionnelle, moins axée sur l’effet du contraste et sur la prouesse technique du savant dans son laboratoire. Je ne crois pas qu’on a fait avancer la gastronomie avec cette cuisine, on a surtout reculé en fait, car on est loin de la noble tendance en cuisine de la recherche d’ingrédients frais correctement préparés et mis en valeur.

Je crois que la cuisine doit être orientée vers le plaisir, et non seulement vers la prouesse technique, et sur la générosité plutôt que l’effet procuré par un bidule high tech qui coûte souvent une fortune (et qui est donc hors de prix pour la plupart des ménages).

Je n’ai pas lu le livre de François Chartier ("Papilles et molécules" - vraiment pas d'intérêt - voir plus bas), mais j’avais lu à l'époque et bien aimé le premier livre d’Hervé This – Les secrets de la casserole (en 1993). Je pense toutefois qu’il y a des limites à s’entêter à vraiment vouloir mettre ça en application en cuisine. On sort alors de l’amusante exploration éducative et délirante de la chimie de la bouffe pour entrer dans un monde élitiste absolument hors de la portée du commun des mortels, … sauf si vous consentez à investir une fortune dans les boutiques de cuisines. L’azote liquide, les cartouches d’air comprimé et autre bébelles ridiculement onéreuses, ben gardez les, vos maudites cochonneries! Ça va bientôt ramasser la poussière dans le fond d’une armoire, de toute façon...

Utiliser des produits chimiques ou l’analyse des molécules comme base en cuisine (ou en vin d'ailleurs), quelle idée! Je veux bien qu’on introduise dans un repas quelques bidules comme les billes (perles d'alginates ou autres gélifiants comme l'agar-agar, etc.) pour nous amener de temps en temps en territoire inconnu par de nouvelles expériences, mais de là à concevoir tout un menu basé sur des produits chimiques ou des procédés de déconstruction / reconstruction de la bouffe si high tech qu’on croirait développés par la NASA, berk!

Aussi, en passant, dans le même ordre d'idée je ne choisirai jamais un vin avec tel plat parce qu'il a 14 2/3 molécules aromatiques en commun. Mais quelle connerie! En ajoutant ce genre de critère snob, on désapprend complètement aux gens les critères de base pour connaître, choisir et apprécier le vin!

De plus, ce genre d'analyse moléculaire pseudo scientifique en lab n'est évidement pas à la portée de 99,9999 % des gens. En effet, dites moi, qui a un lab chez soi ou aurait accès à ça?

Si on est séduit par l'analyse des molécules olphactives, on aurait donc pas le choix de suivre ce nouveau gourou? Mais que c'est donc snob et prétentieux cette "analyse", monsieur Chartier!

En cuisine, je suis bien content de voir que de nombreuses voix parmi des chefs sérieux se lèvent pour dénoncer cette ridicule mode snobinarde – qui est dans les faits une cuisine spectacle hors de prix.

Sans parler de possibles problèmes de santé reliés à l'utilisation de ces produits chimiques, comme le croient plusieurs chefs, dont le grand patativore Joël Robuchon! Robuchon (et d'autres) s'inquiètent que des chefs utilisent dans leur "cuisine moléculaire" des produits qui sont dans les faits interdits dans l'industrie alimentaire. Inquiétant!

Enfin, je laisse la conclusion à Rocco Iannone, 33 ans, chef à Naples :

«Pour moi, le moléculaire cimente le divorce entre l'homme et la nature. Autrefois, le chef avait pour tâche de sélectionner le meilleur de la nature. Aujourd'hui, pour être à la mode, il faut mélanger des poudres d'additifs.»

Na!