Affichage des articles dont le libellé est Maroc. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Maroc. Afficher tous les articles

mercredi 23 février 2011

Poisson à la chermoula

J’aime bien la chermoula, ce mélange de coriandre, ail, paprika, cumin, huile d’olive et d’autres aromates. Cette recette marocaine est particulièrement bonne avec toutes les sortes de poisson, et pour une cuisson au four ou au BBQ. C’est relevé mais ce n’est pas piquant.

Dans ce cas, je l’ai fait avec du basa (ou pangasius, un poisson-chat qui vient du Viet-Nam), c’était exquis. Ce poisson d’élevage est vraiment excellent.



D’ailleurs, pour votre info, puisqu’on est mercredi, on a dû changer le nom de ce poisson-chat car les Zaméricains se sont plaints que ça faisait du tort à leur propre production de poisson-chat…

Il semble que la chermoula se garde bien au frigo mais je la fais toujours on the spot, pour usage immédiat. On peut aussi s’en servir, chère Éphée, sur les légumes grillés ou vapeurs.

Recette pour 4 personnes
Temps à prévoir :
20 minutes, et une heure de marinadeSource : moi, après quelques visites chez Rayan.

- 1 cuillère à thé de paprika
- 1 cuillère à soupe de cumin moulu
- 2 gousses d’ail, hachées
- Zeste et jus d’un citron
- 1/3 de tasse d’huile d’olive
- 1/2 tasse de coriandre fraîche, haché fin (sinon, du persil plat)
- Option : oignon haché très très finement
- Poivre du moulin, au goût
- Filets de basa (ou autre bestiole à nageoires, votre choix), assez pour quatre gourmands
- Sel
ü Tout mélanger ce qu’il y a dans la liste, jusqu’au poisson. Verser sur les filets de poisson et laisser mariner une heure au frigo.
ü Cuire selon votre méthode préférée (au four ou au BBQ).
ü Ajouter un peu de sel, et c’est prêt!
ü Allez, croissez et multipliez-vous!

mardi 21 décembre 2010

Couscous royal (à l’agneau, aux merguez et au poulet)

Un plat traditionnel d’un pays étranger, c’est toujours à prendre un peu avec des pincettes. Car on l’adapte toujours un peu pour soi et on peut ainsi faire une hérésie et se condamner à porter un sac de papier sur la tête si un jour on devait visiter ce pays. Mais je suis brave et voici une recette de couscous qui me semble assez proche de la tradition!
Je le nomme couscous royal car il comporte trois sortes de viande – agneau, merguez et poulet. J’en prépare toujours des quantités gargantuesques, car 1) c’est bon, 2) ça se conserve bien plusieurs jours (ne pas mélanger la semoule et le ragoût) et 3) ça fait d’excellent lunch ou de repas du midi.
L’agneau provient évidemment de chez monsieur Casbah. Profitez-en pour stocker la harissa maison de Mme Casbah et le bouillon de mouton en cube Knorr.
Pour la photo, c’était le lendemain car j’avais oublié de prendre une photo la veille, et il ne restait plus de poulet!


Recette pour 6-8 personnes
Temps à prévoir :
environ 20 minutes de préparation, et cuisson lente de 2 à 21/2 heures Source : moi, sur la base de plusieurs visites (toujours agréables) aux restos berbères de Montréal

- 2 oignons, tranchés
- 3 carottes, tranchées en rondelles
- 6 rabioles (navet blanc), épluchés et tranchés
- Un morceau de gingembre, mettons d'un pouce, avec des incisions dedans pour infuser dans le bouillon
- 1 boite 28 on (400 ml) de tomate en dés
- 1 petite boite (156 ml) de pâte de tomate
- 1 kilo de gigot d’agneau, en tranches de 1 pouce (2,5 cm)
- 2 cuillères à soupe de cumin
- 4 zuchinis, tranchés
- 1 boite (398 ml) de pois chiches
- Option : quelques feuilles de menthe fraîche et une poignée de raisins secs (pour une semoule plus parfumée, mais nature, c’est bon itou)
- 2 tasses (500 ml) de couscous
- 4 tasses (1 litre) de bouillon de poulet, ou de cubes de bouillon de mouton Knorr
- Option : merguez et ailes de poulet piquantes (mais juste à l’agneau, c’est bon itou minou)
- Feuilles de coriandre, pour sôpourdrer au moment de servir
- Sauce Harissa!
Dans une grande casserole, faire revenir les légumes (sauf les zuchinis) dans de l’huile d’olive, environ 10 minutes.
Ajouter les tomates, le morceau de gingembre, le cumin, et l’agneau. Laisser mijoter une heure à couvert. Brasser une fois de temps en temps.
Ajouter les courgettes et les pois chiches. Laisser mijoter au moins une heure à couvert.
C’est prêt quand l’agneau est tendre et pas une seconde avant!
Vers la fin de la cuisson, retirer un peu de jus de cuisson, et y faire tremper les raisins secs, avec la menthe.
Retirer encore un peu de jus et le verser dans un ramequin. Faire une sauce piquante avec moitié jus de cuisson, moitié harissa. Laisser cette sauce piquante sur la table pour que les convives se servent à leur goût. Proposer aussi de la harissa pour les amateurs de piquant.
Cuire la semoule de couscous dans votre bouillon préféré (poulet ou mouton). Remuer tout ça avec un peu d’huile d’olive (avec une noix de beurre?) pour que ce soit aérien. Puis, si vous voulez, y ajouter le mélange de raisins secs et menthe.
Voilà! Servir avec un vin rouge costaud! (cabernet sauvignon ou syrah)

vendredi 9 juillet 2010

Soupe harira à la moi

Voici ma version de cette soupe nationale marocaine du ramadan. C’est une recette que j’ai fait suite à une visite dans un resto marocain, alors c’est pas mal simplifié en comparaison à la version originale, qu’Hallah me garde!
Cette soupe est vraiment délicieuse et c’est à peu près toujours ce que je fais avec les restes d’agneau, s’il en reste!
Je la fais aussi avec des restes de rôti de bœuf, et c’est pas mal aussi. Je prends alors quand même du bouillon d’agneau pour la faire.
Le secret de cette soupe est de cuire lentement la viande dans un bouillon relevé pour qu’elle donne au bouillon tout ce qu’elle a comme saveur.

Recette pour 4 personnes
Temps à prévoir :
10 minutes de préparation, une bonne heure de cuissonSource : invention de moi, inspiration berbère prononcée!

- Une tasse ou deux (250 à 500 ml) de restes d’agneau ou de bœuf, haché en petit morceaux. On peut aussi y faire mijoter des os d’agneau, si un jour vous avez acheté un gigot et l’avez désossé (ou fait désossé par monsieur Casbah).
- 1 oignon, haché
- option : céleri avec les feuilles, haché fin
- 1 grosse boite (796 ml) de tomate en morceaux, avec le jus
- 4 tasses (1 litre) de bouillon de qualité : bouillon de bœuf, mais idéalement du bouillon d’agneau concentré Knorr (disponible chez monsieur Casbah, et autres épiceries / boucheries halal)
- Harissa au goût. C’est mieux d’y aller petit à petit avec ce condiment parfois très épicé. Ceux qui en voudront plus pourront en ajouter à la table.
- Option : une boite de pois chiches, à mi cuisson
- Une grosse poignée de couscous
- Coriandre fraîche
ü Faire cuire l’oignon dans une casserole, dans un peu d’huile d’olive.
ü Ajouter la tomate, le bouillon, la harissa au goût, et la viande.
ü Couvrir à moitié, et faire mijoter lentement durant au moins une heure, idéalement une et demi. En fait, c'est prêt quand la viande n'est plus dure et qu'elle se défait sous la dent.
ü Ajouter le couscous et attendre 5 minutes. Saler et poivrer
ü Servir avec de la coriandre fraîche sur la soupe pour la déco.

Pendant ce temps
, il n’y aura pas de pendant ce temps cette fois ci car on doit faire les préparatifs pour partir à la pêche à la truite!
Bon, il fait bien trop chaud pour que ça morde, mais de se retirer ainsi dans le calme avec une bière fraîche sera s’approcher un peu du paradis.
Et ça laissera du temps pour cuisiner …

jeudi 10 juin 2010

Tajine à l’agneau , olives, poivron rouge

Mon boucher préféré? C’est monsieur Casbah!
Pour vrai, je ne sais pas son nom, mais c’est le propriétaire de la boucherie La Casbah (3170, rue Bélanger / 9e rue, Montréal). Il est toujours souriant et content de nous voir. En plus que c’est une personne agréable, j’en parle ici car son agneau est de première qualité, et c’est très difficile de trouver mieux… et il est moins que la moitié moins cher que l’agneau acheté en supermarché!
C’est donc le fournisseur officiel d’agneau (et de veau) de anecdotesdecuisine.com :)
(Ce blogue est d'ailleurs à la recherche de fournisseurs officiels de caviar de Russie, de Sauternes, de Pétrus et de foie gras de canard. Envoyez une caisse pour évaluation)
Dans sa boutique, il vend aussi des petites olives succulentes, couscous et de nombreuses choses du Maghreb. Il vend un pain maghrébin très bon. Et parfois des pâtisseries aux dates vraiment succulentes, les makrouds. Il faut aussi goûter à la harissa maison de madame Casbah!
En passant, je n’utilise pas de tagine pour faire ce plat, mais plutôt une grosse cocotte lourde (de type Le Creuset) et ça fonctionne très bien!

Recette pour 6 personnes
Temps à prévoir :
Préparation environ 20 minutes, puis cuisson de 2 heuresSource : mélange de plusieurs recettes trouvées sur Internet, pour finalement faire une recette à la moi

- Trois livres (1,2 kg) d'épaule d'agneau désossée, en tranches d’environ trois-quarts de pouce (2 cm)
- Une tasse (250 ml) de petites olives noires (mélangées avec des violettes, si vous en trouvez)
- 2 gros poivrons rouges
- 8 pommes de terre jaunes
- 2 oignons moyens
- 2 cuillères à soupe de cumin en poudre (ou encore de cette épice arabe au drôle de nom : Ras el hanout je dirai pas la niaiserie de ma blonde à ce sujet ;) )
- 2 cuillères à soupe de curcuma en poudre
- huile d’olive
- Sel, poivre au goût
ü Faire chauffer le four à 250ºF (120ºC);
ü Coupez les tranches d’agneau en deux ou trois gros morceaux;
ü Émincez les oignons en huitièmes, puis émincez les poivrons en lanières assez large;
ü Pelez les pommes de terre et coupez-les en sixièmes ou en huitièmes dans le sens de la longueur;
ü Faites chauffer l'huile dans la cocotte. Dorer la viande. Réserver;
ü Ajouter à la cocotte les oignons, les poivrons et les pommes de terre. Faites-les revenir 3-5 minutes en remuant;
ü Remettez la viande dans la cocotte. Ajoutez les olives et tous les épices, salez et poivrez au goût;
ü Versez une demi-tasse d'eau dans la cocotte, couvrez et faites cuire pendant 2 heures;
ü Servir avec du couscous! Dans un bol, autant de couscous que de bouillon bouillant. Ajouter du beurre et égrener à la fourchette. Pour le bouillon, on trouve aussi chez monsieur Casbah des cubes de bouillon d’agneau, qui donne une semoule de couscous au goût extraordinaire.
ü Voilà! Sortez la harissa et un vin rouge assez corsé (sud de la France, Californie, Australie).

Pendant ce temps
, je suis en train de me taper une brique vraiment intéressante, « Les Chuchoteurs » de Orlando Figes. Ce livre de près de 800 pages raconte la vie des Russes juste avant la révolution de 1917 quand les communissss de Lénine ont pris le pouvoir, et comment les choses ont changé après.
En fait, ce livre répond à plusieurs questions sur la liberté et comment on vient à la perdre petit à petit avec le fanatisme. Comment ces gens qui étaient tout de même assez libre sous le dernier tsar; ils ont soudain basculé et se sont mis à se méfier de tout le monde, incluant leurs propres enfants?
À travers l'école et des camps genre scouts, l’éducation des jeunes enfants était devenue un véritable endoctrinement pour la révolution communiste, où des enfants qui avaient dénoncés leurs parents qui tenaient des propos contre le régime étaient proposés comme héros. La dénonciation était encouragée, alors les parents se la fermaient à la maison et jouaient le jeu, pas le choix! Ou ils chuchotaient, d'où le titre du bouquin.
Aussi, les appartements en ville ont étés redivisés pour faire de la place aux paysans qui fuyaient la misère des campagnes. Alors un appartement de type 5 ½, qui accueillait confortablement une famille de 5 personnes, était redivisé pour accueillir trois familles de cinq personnes (une famille par chambre à coucher; et le salon, la cuisine et la salle de bain étaient partagés)!

Évidemment, chaque appartement comptait des familles zélées (membre du parti) et … des familles à surveiller. Comme les murs étaient en carton, personne ne pouvait plus avoir de conversations privées, et on épiait les visiteurs des autres familles. Avec les arrestations arbitraires de contrerévolutionnaires la nuit, la peur et méfiance était ainsi installée en maître.
Aussi, comment Staline (qui a pris le pouvoir après Lénine) a réussi à démolir en peu de temps l’organisation traditionnelle et la vie des villages, même les plus reculés, lors de la collectivisation des fermes? Car la nouvelle armée russe communiste ne pouvait mettre au pas toute la vaste campagne russe!
Au début, des « recruteurs » visitaient chaque village pour recruter au parti les insatisfaits (souvent les plus pauvres et les envieux), qui étaient endoctrinés contre les « méchants » propriétaires, et petit à petit, entrainaient les autres du village contre les fermiers propriétaires.
Éventuellement, la police débarquait pour quelques jours dans le village et les membres du parti accusaient les propriétaires de « crimes de propriété ». Ces fermiers se voyaient embarqués pour le goulag, alors que les fermes passaient sous une administration collective. C’est évidemment avant les moyens de communications modernes, alors l’envie (et autres pires défauts de l’humanité), l’isolation (et la brutalité) avait raison des plus récalcitrants.
Ce qui est paradoxal, et presque drôle dans cette horreur, c’est que l’administration des fermes collectives était constituée de gens qui n’y connaissaient rien, alors que les personnes qui savaient comment exploiter une terre se gelaient les fesses au goulag : la production agricole est tombée en flèche, et la misère était atroce dans les campagnes… Super résultat!
Une autre anecdote que je trouve fascinante et révélatrice : un soir, ce bon vieux rigolo de Staline se reposait à sa maison de campagne, et il se demandait quel était le nom d’une étoile particulièrement brillante. Un des gardes propose d’aller demander aux scientifiques d’un observatoire pas trop loin. Staline approuve et les gardes embarquent dans leur camion militaire et se rendent à l’observatoire.
Hors, le climat était à la peur dans les milieux intellos, en raison des nombreuses purges brutales de la police la nuit : les gens qu’on ne revoyait jamais et il y avait aussi ces rumeurs de tortures pour avouer des crimes, même ceux qu’on n’avait pas commis.
Et bien, quand les scientifiques ont vu le camion militaire monter vers l’observatoire, ils ont pris peur et se sont suicidés! Dingue, non?
Ce livre fascinant et dérangeant coûte un bras, alors il me fera plaisir de le prêter!