jeudi 8 avril 2010

Soupe tonkinoise au canard

Ceux qui me connaissent vont dire « enfin! » car je torture souvent mes amis avec cette soupe au canard. Mais cela ne semble pas trop mal car tout le monde en redemande!
La clé est de trouver les bons ingrédients, dont le canard laqué, mais aujourd’hui il y a de plus en plus d’épiceries asiatiques dans de nombreux quartiers de Montréal et en banlieue. Si vous restez à Québec, tant pis, alors écoutez CHOI en vous demandant pourquoi il y a peu « d’ethnies » à Québec.

(C’est une blague, gens de Québec, vous savez qu’on vous aime bien! Pour vrai, une visite à Québec est toujours agréable et on a hâte d’y revenir ! Mais il faut que vous sachiez que malgré ce que vous entendez à la radio chez vous, nous on parle rarement de vous en mal, vous savez … Fermez donc la radio-haine et allez faire un tour dehors... Allez, je vous paie une bière lors de notre prochaine rencontre :) )
Je vais très souvent chez Kim Phat, une petite chaîne de magasins de bouffe asiatique. Celui de Brossard, sur Taschereau est le plus gros de tous mais pour des raison de proximité le magasin de la rue Jarry est celui ou je vais habituellement. Il a un choix tout a fait suffisant pour mes besoins.

D’ailleurs, le restaurant attenant à ce magasin, Thmor Da, est fabuleux, me semble très authentique (on est loin du buffet chinois) et pas très cher. Sinon, je fréquente aussi les magasins Thai Hour.
Je vais donc essayer de montrer une photo de chaque ingrédient exotique, mais en cas de doute (car certaines racines se ressemblent beaucoup ou l'affichage dans ces magasins est souvent minimaliste), demandez aux personnes du supermarché, ils vous diront un beau « Bajao » et vous aideront sûrement avec plaisir, ces gens sont si accueillants.
Attention, par contre il est impératif de savoir que dans les épiceries et restaurants de soupes asiatiques se trouve la plus grande concentration de joyeux mais dangereux maniaques du couperet hachoir, qui prennent un plaisir dément à hacher votre pauvre canard laqué en petits morceaux mélangés de chairs, de cartilage et d’os.
Ce qui veut dire que vous aller toujours avoir un doigt dans la bouche en mangeant votre soupe, pour enlever un os ou un bout de cartilage, ce qui est généralement moins intéressant pour nous pauvres occidentaux.

Donc à la question « coupé? », répondez toujours « non »! car vous aller le dépiauter vous-même, cette bête. Mais le maniaque va être déçu et l’échange va souvent ressembler à ça :
Le fou furieux du couperet, accent asiatique, anticipant un massacre : coupé?Vous, bravement : pas coupé!
Le fou furieux du couperet, accent asiatique, surpris : pas coupé?
Vous, plus bravement : pas coupé.

Mais je sais bien que le but du cuisinier asiatique en mettant tout dans la soupe est de parfumer le bouillon encore plus, car la peau, les os et toute la carcasse du canard laqué ont beaucoup de goût.
Mais j’ai longuement réfléchi sur ce dilemme et je vais contourner ce problème, vous allez voir ce que vous allez voir! C’est un peu plus long mais c’est absolument fameux.
À un moment de ma vie, j’en faisais à tous les vendredis et cette soupe est appréciée par toute la famille, dont par ma fille Rosalie, mais vous l’auriez deviné.

Soupe pour 4 personnes
Temps à prévoir :
30 à 45 minutes de préparation, plus environ une heure 15 minutes de cuissonSource : recette traditionnelle vietnamienne, revue par moi.

Ingrédients (voir les photos plus bas)
- Bouillon de poulet
- un morceau de 2 pouces de galangal.
- deux branches de citronnelle (« lemon grass »)
- option : un ou deux petits piments rouges asiatique
- une grosse lime, ou deux petites
- sauce soya asiatique
- un bouquet de coriandre, avec la racine.
- option : un morceau de 4-5 pouces de racine de lotus.
- un canard laqué
- 2-3 poignées de
fèves germées
- 2-3
échalotes vertes
- option : basilic frais
- un paquet de nouilles de riz
- sauce de piment
Le bouillon
- Dans une grande casserole, mettre cinq - six tasses de bouillon de poulet
- Huit - dix tranches de galangal

OK, ça se corse déjà un peu car on trouve pas ça chez Provigo. Le galangal est une racine qui ressemble au gingembre, utilisée souvent en cuisine asiatique. C’est assez dur alors utilisez un couteau pesant dans votre cuisine. Par contre, pas besoin de le peler avant de trancher.

Dans la soupe, après cuisson, la tranche de galangal reste assez fibreuse mais il y reste beaucoup de goût. Vous le mangez ou pas, à votre choix. Goûtez-y!
 
















(j'ai perdu la source de cette photo - mes excuses à l'auteur!)
Sinon, omettez cet ingrédient ou utilisez du gingembre, mais c’est différent comme goût (nettement plus corsé que le galangal).
- Deux branches de citronnelle (« lemon grass »), coupée en 2-3 morceaux, et fendue en deux presque sur toute la longueur (ne pas la fendre complètement car on la retire avant de servir et si vous la fendez complètement, vous aurez plusieurs morceaux de citronnelle à retirer au lieu d’un seul).


(photo prise chez http://www.eurasie.net/webzine/spip.php?article176)

La citronnelle est maintenant beaucoup plus facile à trouver en supermarché, il y en a même dans mon Provigo, c'est dire...
Comme le galangal, dans la soupe, après cuisson, la branche de citronnelle reste très fibreuse, mais l’intérieur tendre est très bon. Goûtez-y!
- Option : un ou deux petits piments rouges asiatique (piment « crotte de rat » qu’on dit là bas, c'est poétique), fendus presque en deux, mais le piment doit se tenir en un morceau par la queue. À la pointe du couteau, éliminez les graines si vous voulez quelque chose de moins épicé. Ne pas utiliser de jalapeno, c’est vraiment pas pareil.

(photo prise chez http://www.laquarelledessaveurs.com/PBCPPlayer.asp?ID=343993)
Attention, ces piments sont terriblement corrosifs et d’une grande insistance dans cette hargne (si vous vous mettez un doigt dans l’œil, même des heures plus tard vous allez danser la danse de St-Gui). Donc je vous suggère fortement de les tenir par la queue pour les trancher en deux et ne pas toucher la chair du piment avec les doigts, autant que faire se peut. Utiliser une fourchette pour le tenir au besoin.
- Le jus d’une grosse lime, ou deux petites
- Sauce soya asiatique, environ 1/8 de tasse?
- Racine de coriandre. On la trouve maintenant de plus en plus facilement, la parfumée coriandre.

Mais souvent on la vend les racines coupées, ce qui est dommage. Si vous en trouvez avec racine, vous coupez donc la partie sans feuille (voir photo) et la balancez dans le bouillon, après avoir bien rincé les racines (la coriandre pousse souvent dans la glaise)


- Option : des tranches assez mince (1/2 à 3/4 cm) de racine de lotus. Ce qui n’est pas classique dans la soupe tonkinoise, mais c’est amusant et contraste, et ajoute une dimension crunch à la soupe, et c’est bien la dimension crunch car ça ajoute un amusant contraste de crunch contrastant et amusant.

Bon, OK, j’ai pas plus d’arguments que ça : c’est pas dans la recette originale, mais je l'ai essayé une fois et je l'ai adopté car c’est extrêmement joli et exotique la tranche de racine de lotus!


Donc choisir des racines de lotus qui ont 1 ou 2 pouces de large, et qui n’ont pas (ou pas trop) de marques noires ou brunes foncées car cela veut dire que l’intérieur aussi est poqué et doit être jeté.
- Porter le bouillon à ébullition puis faire mijoter à feu doux
- Ensuite, faire son affaire au canard laqué et le dépiauter soi-même, à moins que vous n’ayez répondu dans un terrible moment d’égarement « oui » à la terrible question « coupé? ».



 Ce n’est pas très long à faire, et un autre conseil, si vous achetez le canard pour le lendemain, dépiautez le quand-même à votre retour à la maison, car le canard laqué froid est nettement plus difficile à occire en morceaux décents.

Le canard laqué est une merveille culinaire de l’Orient. La peau du canard est glacée avec un sirop alors que la bête sèche sur une broche après qu’on lui ait enlevé les plumes. Puis après une journée de séchage et de glaçage, le canard est cuit au four (température très élevée, plus de 500 °F), toujours suspendu sur la broche, jusqu’à ce qu’il ait cette belle couleur dorée. Puis on le garde au réchaud sur une broche, souvent en vitrine.


(source de la photo perdue - mes excuses à l'auteur!)Donc éplucher et massacrer le canard et mettre la carcasse, les os et la peau dans le bouillon. Garder la chair au frigo pour plus tard.

Ainsi, le bon goût de la carcasse du canard laqué sera transmis à la soupe, mais sans voir les os dans notre bol car on va les repêcher plus tard. C’est l’une des astuces que j’ai développé avec le temps …
- Mijoter au moins une heure, et idéalement 1 heure trente c’est mieux.
La garniture
ü Pendant que ça mijote, couper le canard en petit morceaux (mettons un pouce max), et préparez une assiette de feuilles de coriandre, de fèves germées et de tranches fines d’échalotes vertes. Le basilic frais est aussi très agréable dans cette soupe.
La finition
ü Faire bouillir une grande casserole d’eau pour les nouilles de riz.
ü Avec une paire de pince à cuisine et une cuillère à trou, repêcher la carcasse, les os et la peau. Récupérez bien tout les petits morceaux que vous y avez mis. Attention, l’intérieur du canard contient souvent de l’anis étoilé qu’il faut repêcher car ça passe plutôt mal dans le gorgoton.
ü Remettre dans le bouillon tout morceau de racine (de coriandre, galangal, lotus, etc.) que vous repêchez accidentellement avec les os.
ü Mettre dans le bouillon la chair de canard, et laisser mijoter 15 minutes.
ü Durant ce temps, faire cuire les nouilles de riz, en brassant très souvent. Les nouilles de riz dégagent beaucoup de farine, alors il faut brasser assez souvent pour que cela cuise bien.
Idéalement, utiliser les nouilles de riz plates (un peu comme des fettucini), pas des vermicelles de riz, c’est moins amusant dans la soupe.

ü Quand les nouilles sont bien cuites (le al dente est une très mauvaise idée avec les nouilles de riz!), les jeter dans une grande passoire, et bien les rincer à l’eau chaude en les remuant délicatement avec une fourchette pour éliminer tout reste de jus de farine.

J’ai vu des asiatiques préparer les nouilles pour cette soupe portion par portion, en brassant constamment avec des baguettes pour éliminer la farine. Je trouvais ça un peu long et ça fait en sorte que tous ne sont pas servis en même temps.

Donc en bon occidental gourmand et paresseux, j’ai testé la cuisson de tout le sac de nouille en vrac, d’un coup, et ça fonctionne très bien si la casserole est grosse et remplie d’eau bouillante, si vous brassez assez souvent, et enfin si vous rincez à la fin à l’eau chaude dans la passoire. Une autre astuce.
ü Servir les nouilles au fond d’un grand bol, ajouter du bouillon (avec racines et morceaux de canard) et garnir au goût avec les feuilles de coriandre, les fèves germées et l’échalote verte.

Chez moi, j’utilise de gros bols à salade en porcelaine blanche de Pier 1 Import (j’en ai 6), absolument trop gros pour une soupe, mais c’est très amusant.
ü Pour les braves, servir à table avec une sauce de piment pour pimenter la soupe au goût de chaque convive – soit une sauce piment-basilic (super pour les sautés), ou la sauce au piment « Sriracha » (celle avec un coq dessus, elle vient de Californie et on la trouve à de nombreux endroits).

ü Option : juste avant d’égoutter, ajouter des bébés bok choy au bouillon de canard (bien les laver avant!).

Pendant ce temps

Voici la liste des 6 tomes disponibles :
Paul à la campagne (1999), divers souvenirs d’enfance
Paul a un travail d’été (2002), alors jeune moniteur de camp d’été, et premiers amours

Paul en appartement (2004), devenu jeune adulte, cégep, premier travail en graphisme, premier appart. C’est de ce livre que j’ai pris le « Bajao » cité plus haut (C’est le « Bonjour » que dit le dépanneur vietnamien avec son accent de nouvel arrivé quand Paul entre dans son dépanneur.)

Paul dans le métro (2005), regroupement de plusieurs petites histoires déjà parues (dans des revues je crois) : flashbacks divers (il y a même des bloopers à la fin!)

Paul à la pêche (2006), sur une pourvoirie pendant une semaine, et ou on observe ensuite les efforts répétés de Paul et de sa blonde pour avoir un enfant.

On observe aussi que le nombre de pages augmente avec chaque parution, ce qui montre que l’auteur prend plus de liberté et a plus de choses à dire, pour notre plus grand plaisir.

Paul à Québec (2009), ou l’histoire très touchante du cancer de son beau-père. Car ce n’est pas évident de toucher le sujet de la maladie et de la mort avec tant de tact, sans virer dans le patho. Mais c’est fait avec goût. Ce livre me tire des larmes même après plusieurs relectures.
, vous savez que je lis beaucoup, et pas que des choses dites « sérieuses ». Je lis aussi beaucoup de bandes dessinées.
Je voulais donc vous parler avec plaisir des bandes dessinées de « Paul », écrites et dessinées au Québec par Michel Rabagliati. Même si le premier est paru en 1999, j’avoue les avoir découvert plutôt récemment (en fait, lors de la parution du dernier), mais j’ai depuis acheté et dévoré les six tomes actuellement disponibles et je le relis souvent avec plaisir (et c’est publié à la toujours intéressante maison d’édition montréalaise La Pastèque).
Paul est semble t’il une sorte d’alter ego de l’auteur, qui couche sur les planches ses souvenirs d’enfances et d’adulte. Pour quiconque a vécu à Montréal depuis les années 60, la série des Paul rappellera de nombreux souvenirs : une chanson par ci, un restaurant ou un magasin depuis fermé par là, un événement dont tout le monde parlait alors, etc. Retour amusant dans le passé, sans que ce soit un simple trip de nostalgie.

Et Rabagliati insère dans ces histoires ses propres souvenirs et c’est souvent touchant et c’est ce qui rend Paul si sympathique. Mais il y a aussi beaucoup d’humour :




J’apprenais récemment que Michel Rabagliati a gagné le prix du public pour la BD en France en 2009 et qu’il aura une expo à Paris cet été! Wow, quel excellent représentant du Québec à l’étranger! Félicitations!
Fortement recommandé! Bonne lecture!

On dit souvent que c’est notre Tintin à nous, et je suis d’accord! Je lisais en quelque part (dans le Devoir?), et c’est très vrai, qu’il serait opportun de faire lire Paul aux immigrants, tellement on y fait bien le portrait du Québec d’aujourd’hui.

dimanche 4 avril 2010

Le porc braisé huit heures et les bines de Danny St-Pierre

Cette recette a été vue à l’émission Curieux Bégin, et c’était présenté par le curieux et très allumé chef Danny St-Pierre, du restaurant Auguste à Sherbrooke. Quand est-ce, la prochaine fois qu’on va à Sherbrooke?
La recette est tout à fait de saison en avril, car elle va bien avec le temps des sucres. Je dois vous avouer que je ne suis pas un fan de bouffe de cabane à sucre, ayant un palais plutôt salé que sucré. Je me tiens en fait loin des cabanes à sucre. Mais j’aime bien les bines, et le porc braisé longuement à feu doux me rappelait des voyages dans le sud des États-Unis (porc effiloché).
Je me permets donc de reproduire et commenter la recette ici, car la recette sur le site de Curieux Bégin omet plusieurs choses, a besoin de précisions, et … je l’ai aussi modifié un tout petit peu, sorry Danny!
Le résultat est surprenant : la viande de porc se défait à la fourchette et est très savoureuse. Miam! Et c'est quand finalement qu’on va à Sherbrooke?

Quantités: il y aura des bines pi du cochon pour plus de 10 personnes, et en plus, il y aura probablement des restants (yé!). Vous pouvez couper la recette en deux, bien sûr.
Temps à prévoir : préparation environ 45 minutes, mais il faut faire tremper les fèves (bines) dans l’eau 12 heures la veille, puis les cuire 1 heure et ensuite prévoir huit heures de cuisson lente. Vive le slow food! Source : Danny St-Pierre, du restaurant Auguste.
- Dans l’émission, Danny a utilisé une coupe de viande nommée « épaule style New York » de 5 kilos (oui, 5 kilos, oubliez pas, la recette nourrit plus de 10 personnes!).

J’ai pris deux rôtis de porc de bout de côtes (pork rib roast) d’environ 2 kilos chacun - nettement plus facile à trouver que la pièce recommandée. Et c’était ridiculement pas cher (7-8$ par rôti) en comparaison au nombre de convives servis.

- 8-10 gousses d'ail, fendues en deux

- 1/2 cuillère à soupe de piment chili séché (vous avez bien lu)

- 2 tasses (500 ml) de sirop d'érable

- 2 livres (1 kg) de haricots blancs (je n’ai trouvé que des navy beans à mon épicerie, Danny suggérait les fèves coco ou navy), trempés pendant une nuit dans 8 tasses d'eau

- 1/2 livre (225 g) de bacon épais, coupé en lardons

- 2 gros oignons, hachés

- 1/2 cuillère à soupe de moutarde sèche

- 1/2 tasse (125 ml) de mélasse
ü Jeter l'eau de trempage des haricots
ü Verser les haricots dans un grand chaudron
ü Ajouter les oignons, la moutarde, le bacon, une tasse et demie de sirop et la mélasse, assaisonner et bien incorporer. Ajouter de l’eau, pour recouvrir les haricots d’un pouce d’eau. Durant la cuisson, en ajouter au besoin pour garder un pouce d’eau de plus que la hauteur des fèves.
ü Amener à ébullition, à découvert, baisser le feu à moyen, et cuire environ une heure.
ü Pendant ce temps, piquer le morceau de porc avec les gousses d'ail, et déposer le porc dans une rôtissoire à dinde.
ü Ajouter une demi-tasse de sirop d'érable sur le porc, saler et ajouter les flocons de piment séché. N’ayez crainte, le plat final n’est pas du tout piquant.
ü Mettre au four à 500° F (260° C), pendant 10 à 15 minutes, ou jusqu'à ce que la couenne commence à dorer. Réserver. Vous allez voir que le sirop d'érable a caramélisé au fond, ce sera un ajout parfait pour les bines.
ü Quand les haricots ont cuit une heure, les verser autour de l'épaule avec une louche, sans mettre tout le bouillon de cuisson. Couvrir et cuire au four, à 250° F (120° C), pendant huit heures!
La recette originale présentée à l’émission disait 1 tasse de sirop érable et 1 tasse de mélasse pour les bines, mais après essai, je suggère plutôt 3/4 sirop et 1/4 mélasse, ce que je présente ici dans la recette.
Ah oui, de la même émission de Curieux Bégin, la blogueuse Isabelle a testé les grands-pères revisités à l’indienne (Gulab Jamun) de Danny St-Pierre, lisez ici ses commentaires pertinents et ses modifications à ce dessert exotique.

Pendant ce temps
, ma blonde me faisait remarquer quelque chose de très agaçant dans de nombreux nouveaux restos à la mode: des écrans de télévision. Même sans son, en raison du mouvement de l'image sur l'écran, ça attire l'attention et c'est très fatiguant quand on essaie d'avoir une conversation. Même des resto chic de sushi (Maiko) en ont! Horreur! Et je vous dis pas quand il y a du son!

Le défunt resto Planet Hollywood était un exemple détestable à de nombreux égards, mais les TVs étaient vraiment dérangeantes, on avait l'impression de manger dans un club vidéo.

Bon, pour les TVs dans les resto, c'est quoi l'idée? Il y vraiment des gens qui ne peuvent prendre un repas au restaurant sans regarder la télévision? Il faut les faire soigner, pas les accommoder, les accros bovins de la mangeoire du grand écran!

"J'avais la télé, mais ça m'ennuyait
Je l'ai r'tournée... d'l'aut' côté c'est passionnant" (Vian)

Fermez les TVs et mettez un cadre à la place! Ou à la limite passez un diaporama de belles photos qui changerait lentement (pas plus d'une fois par minute).

Sinon :), le restaurant portuguais Barroso de Repentigny fait d'excellente grillades et le service est courtois.

Mais de grâce, fermez ces foutues TVs! On est là pour jaser, sinon on serait resté dans notre salon!

"Sans images et sans bruit... que c'est beau une télé!" (Arthur H)

vendredi 2 avril 2010

Caldeirada de Lulas a Madeirense

C’est une casserole de calmars à la mode de Madère!
J’aime bien les calmars, quand ils sont bien préparés, et cette recette leur rend particulièrement justice. Ce mélange squid, pomme de terre, tomates et cari est très satisfaisant quand on a le goût d’un plat de type comfort food, mais quand même avec une touche d’exotisme. Ce qui est extraordinaire est ce flair portugais pour mélanger les épices de leurs anciennes colonies dans ces plats si subtils et savoureux.
J’ai ramené cette recette de voyages au Portugal. À un moment de ma vie professionnelle, j’ai passé environ trois mois dans ce pays, en plusieurs voyages, et toujours avec bonheur. L’accueil des gens était super, et la bouffe était surprenante, et très originale. Je suis depuis ces voyages un fan fini de pasteis de nata, de sardines au BBQ, de porto et bien sûr de bacalhau, cette étrange planche de morue salée séchée, dé-salée dé-séchée dans l’eau pendant toute une journée.
Je vous promets des recettes avec cette morue bientôt, soyez prévenus – bacalhau à bras, bolinhos de bacalhau…
À l’hôtel ou j’étais à Lisbonne, on servait ce plat assez souvent au menu du jour et souvent c’était mon choix. Je terminais avec un grand bol de fraises et deux verres de muscat local (le moscatel de Setúbal, produit au sud de Lisbonne de l’autre côté du Tage, et qu’on trouve à la SAQ, pas cher – moins de 15$). L’un des verres allait dans les fraises, et l’autre accompagnait ces fraises au muscat…
Avec un coucher de soleil et un peu de fado, c’était un grand bonheur … sauf que vous n’étiez pas là!
Un des mes bons amis, JF, est aussi revenu du Portugal avec une faim sans fin pour des sardines grillées.
Entre autres, en plein mois de juillet, j’avais une étude de marché à faire pour un centre commercial à Almada (Forum de Almada, le plus gros centre commercial du Portugal, avec l’hypermarché Jumbo, aujourd’hui construit!). Ce qui était assez cool était que tous les commerces fermaient de 13h à 15h pour la sieste et qu’Almada était proche de … plages. J’y ai donc fait en après-midi et en maillot de nombreuses réflexions sur cette étude de marché…
Après l’un de mes voyages au Portugal, je passais par Paris (histoire de connexion avion moins chère, j’imagine), et je me souviens que dans un magasin de vin, je mentionne le fait que je cherche un resto français rigolo parceque je viens de passer deux semaines au Portugal. Ce que je voulais dire est que je voulais autre chose que du poisson mais le type du magasin de vin l’a interprété comme si j’avais une mauvaise opinion de la bouffe lusitanienne, comme lui, ce qu'il m'a dit avec un petit sourire condescendant... Quel con chauvin, j’ai pensé!
J’ai de merveilleux souvenirs de ces voyages. Un pays si accueillant et si austère à la fois (les années Salazar sont terminées depuis longtemps, pourtant!). Pour un québécois, ce pays est très agréable et très facile – les jeunes parlent anglais et les plus vieux parlent souvent français. Très facile donc de se faire comprendre!

Préparer les calmars

Si on a le choix, c’est mieux d'acheter de petits calmars car ceux-ci sont plus tendres. Frais c’est mieux que congelé mais le frozen fera tout à fait l’affaire si on ne trouve pas de bêtes fraîches qui ne sentent pas la marée!
Si les calmars ne sont pas préparés par votre poissonnier, au-dessus de l'évier tirer sur les tentacules. La tête et les tripes devraient suivre.
Couper et jeter les viscères et garder la tête et les tentacules. La tête aura le bec du calmar, un petit noyau dur – tirer dessus et le jeter. Couper les tentacules juste sous les yeux. Bien rincer les tentacules.
Du corps, enlever la « plume », une étrange partie structurante qui ressemble à un morceau de plastique transparent, et la jeter.
Tirer sur la peau extérieure du corps et la jeter, pour ne garder que la chair blanche du calmar. Tirer sur les deux nageoires et le jeter, c’est trop coriace.
Bien rincer tout ça sous le robinet et garder au frais.

Casserole pour 4 personnes
Temps à prévoir :
préparation environ 30 minutes, mais trois heures de cuisson lente Source : recette ramenée du Portugal, adaptée par moi.

- 2 gros oignons hachés
- 2-3 grosses gousses d'ail, hachées
- 1 poivron rouge et 1 vert (ou 2 vert)
- 1/4 t (65 ml) huile d'olive
- 2 c. à thé de cari
- 1/2 c. à thé de gingembre moulu
- 2 feuilles de laurier
- 1/2 c. à thé de sel de mer
- 2 grosses tomates, épépinées, hachées
- 3 lb (1,5 kg) de calmars (blanc et tentacules), nettoyés
- 1 1/4 t (315 ml) de vin blanc
- 3 - 4 pommes de terre
ü Dans une casserole, sauter l'oignon, l'ail et les poivrons dans l'huile, à feu moyen, 5 minutes
ü Ajouter le cari et le gingembre, cuire 1-2 minutes
ü Ajouter la feuille de laurier, le sel et les tomates, couvrir et laisser étuver 20 minutes à feu bas

ü Ajouter les calmars et le vin, puis laisser chauffer jusqu'à ce que cela bouille un peu, baisser le feu, couvrir, et cuire 2 heures
ü Important: laisser bouillir très très doucement, sinon le squidly diddly sera trop dur
Pendant ce temps, deux heures est à peine suffisant pour se souvenir de la sublime Lhasa de Sela, qui nous a quitté trop rapidement le 1er janvier 2010, à 37 ans, en raison d’une connerie de cancer.

J’ai eu la joie de la voir en spectacle alors qu’elle commençait à être connue, en 1998. Elle était alors très timide et si charmante!
Elle chantait avec passion d'une belle voix grave, sensuelle et profonde et dans trois langues (anglais, français et espagnol). Ses trois disques sont vraiment excellents (La Llorona (« La pleureuse », 1997) – chansons mexicaines tristes, The Living Road (2003) et Lhasa (2009) – en anglais, français et espagnol, des mélodies et des mots qui restent en vous). Un joli et étrange ovni dans notre culture québécoise, qui a passé beaucoup trop vite...
ü Après un heure 45 de cuisson : dans un plat allant au four, disposer des tranches de pomme de terre (d'environ 1/2 cm d'épaisseur), sur trois ou quatre rangs en épaisseur, mais de de façon à ce que le bouillon puisse aller partout, donc ne pas les disposer trop serré
ü Verser le contenu de la casserole sur les pommes de terre, couvrir et cuire 1 heure à 350 degrés

Servir avec de grosses tranches de pain et un bon petit vin blanc léger et rafraîchissant, ou un rouge si vous préférez