jeudi 9 septembre 2010

Riz frit au poulet

Comfort food s’il en est un! Ma fille dit que c’est le meilleur au monde, et je lui donnerais raison si j'étais plus objectif :) C'est à tendance asiatique, mais ce plat est passé au rang de plat de semaine dans de nombreuses familles au Québec car tout le monde aime ça.
Mais pour arriver à ce résultat simple mais goûteux, il faut juste suivre quelques techniques simples de cuisine pour arriver à ce résultat. Suivez-moi!
Et c’est aussi un autre choix de réponse à la question « mais qu’est-ce qu’on va encore faire avec les restes du poulet ? ». Très versatile, ce plat peut probablement être fait avec les légumes qui restent dans votre frigo.
Vous pouvez aussi omettre à peu près n'importe quel ingrédient de la liste qui suit (sauf le riz!) pour faire votre propre version.

Recette pour 6 personnes
Temps à prévoir :
environ 20 minutes pour cuire le riz (mais vous pouvez aussi utiliser du riz froid), puis 20 minutesSource : moi!

- 3 tasses (750 ml) de riz à grains longs, genre Mononc' Ben.
- 6 tasses (1,5 l) de bouillon de poulet, maison si possible, car c’est sûrement moins salé!
- 2 œufs
- 1 oignon, haché fin
- 1 branche de céleri, hachée fin
- Champignons en tranches. J’utilise habituellement les mush de Paris, mais parfois des mush plus exotiques, comme le King Oyster. Les shitakes, ces petits champignons si goûteux, feraient aussi bien l'affaire.


- 2 tasses de poulet cuit, haché
- Sauce soya au goût
- 2 échalotes vertes, hachées fines (ou de la coriandre! :) )
- Options exotiques et québécoises : petites crevettes, porc en morceaux, ail, brocoli, fèves germées (ajoutées à la fin), petits pois congelés, dés de jambons, saucisses type déjeuner, pousses de bambou, quelques traits de sauce de poisson, ...

Amusez-vous, car c'est vous qui allez le manger :) Les variations sur ce thème sont infinies, ce qui est génial pour "passer les restes" dans le frigo.
ü Faire cuire le riz dans le bouillon de poulet.

Pendant ce temps
, hier soir, un disque a changé ma vie. Et oui.
(Bon, OK, c’est pas si dramatique que ça. Je suis abonné depuis longtemps au super magazine britannique de musique MOJO. Dans ce magazine, il y a une chronique « Last night a record changed my life », où chaque mois un artiste vient nous présenter et discuter d’un disque qu’il a beaucoup aimé. Voilà, je leur pique l’idée!)
Le premier disque de cette série est Kind of Blue de Miles Davis. Paru en 1959, ce disque est parmi les meilleurs vendeurs de disques jazz, toutes époques confondues. Ce disque est en effet tout à fait génial et devrait figurer dans toutes les bibliothèques de CDs. Si vous n’avez qu’un seul disque jazz à acheter durant votre vie, achetez celui-là. Vous devriez reconnaître de nombreuses pièces tellement ce disque est un classique.
En fait, je suis tellement convaincu que je vous le rachète si vous ne l’aimez pas.
(Ça, c’est l’Extra garantie sonore Jopekin™, que les autres blogues n’osent pas offrir ! Une autre bonne raison de visiter ce blogue souvent, d'en parler à vos amis ainsi qu'aux gens que vous ne connaissez pas dans la rue, et de m'envoyer
100 $ (pour financer ma garantie sonore).

Seulement 5 pièces sur ce disque, mais de bonnes longueurs (entre 5 et 11 minutes). L’album débute magistralement avec So What (quel son, quelle classe!), puis Freddie Freeloader (super solo de trompette de Miles Davis, de piano de Wynton Kelly) et Blue in Green. La face B du 33 tours commençait par All Blue (quelle classe encore!) et ensuite la très belle et tranquille Flamenco sketches suivait.
Les musiciens sont tous de grands classiques de leurs instruments : en plus de Miles à la trompette, Bill Evans au piano (sauf sur Freddie Freeloader), sax tenor de John Coltrane, Contrebasse de Paul Chambers, Cannonball Adderley au 2e sax alto et Jimmy Cobb à la batterie – on a déjà vu pire comme « line up »! Les meilleurs de leurs catégories, au moins à cette époque, tous sur ce disque!
Le disque présente un jazz assez tranquille, très cool, ce qui tranchait beaucoup avec les envolées de trompette de la période bop juste avant. En effet, ce disque changeait complètement l’approche du jazz car les impros mélodiques étaient à l’avant, plutôt que de voir les musiciens faire l’enregistrement de quelque chose de convenu sur un beat enlevant.
Il semble pour la petite histoire que les musiciens conviés à cette session ne savaient pas ce qu’ils allaient jouer, mais Miles les avaient choisis pour leur grande qualité de musicien, ainsi que leur capacité à improviser. On parle alors des débuts du « jazz modal », où une structure est proposée aux musiciens, mais où ils ont aussi liberté de faire de nombreuses digressions au gré de leurs humeurs et inspirations. La contrebasse de Chambers est très mélodique et trace une ligne sur laquelle les autres peuvent improviser.
Bonne écoute!

ü
Pendant que le riz cuit, préparer les omelettes fines : battre deux œufs, et en verser un quart dans une poêle chaude bien huilée. Bouger la poêle pour étendre l’œuf sur une surface la plus fine possible. Ça devrait faire une omelette de l’épaisseur d’une feuille de papier. Ça va cuire rapidement si votre poêle est chaude, les retourner après environ 30 secondes. Faire idem avec le reste des œufs, pour faire quatre omelettes fines en tout.


ü Rouler en quatre les omelettes fines et les trancher (environ 1 cm):


ü Puis dans une autre grande poêle, faire cuire l’oignon, le céleri et les champignons dans un peu d’huile (canola). Le truc avec les champignons est de ne pas trop mettre de champignons à la fois, pour bien les faire suer et éviter qu'ils ne jettent trop d'eau à la fois. La poêle doit être remplie à moitié seulement de champignons, quitte à les faire cuire en deux fois.



ü Ajouter le riz, et faire cuire doucement, à feu moyen, environ 15 minutes. Brasser souvent, en raclant le fond de la poêle.
ü Ajouter le poulet et la sauce soya (juste assez pour colorer un peu le riz, ne pas trop en mettre car ce sera trop salé).
ü Servir avec de l'échalote hachée.

mercredi 8 septembre 2010

Thon poché dans l’huile infusée au romarin, salade chaude de pois chiches, tomates et céleri

Je sais, ma blonde va me chicaner car le thon est une espèce en voie d’extinction. Alors je n’en mange pas très souvent, rarement même en comparaison à avant, mais je ne me prive pas complètement, c’est trop bon.
Avant, j’en utilisais beaucoup sur le BBQ et dans d’autres recettes, mais je restreins maintenant ma consommation de thon … pour faire cette recette! Car cette recette est totalement fabuleuse. Le mélange des textures et des saveurs est absolument formidable, vous allez voir! L’huile infusée au romarin est vraiment extra.
La photo vient de FoodTV (je sais, je ne peux pas tricher, car vous savez que je ne sais pas en faire de si belles! Par contre, notez que la recette finale est un peu différente de la photo… car j’y ai mis mon grain de sel. Mais ce plat est très joli et spectaculaire!)

Recette pour 4 personnes
Temps à prévoir :
L’huile doit être préparée la veille idéalement (ou tôt le matin), et le reste prend environ 45 minutesSource : Une recette d’Anthony Sedlak vue sur FoodTV

Pour l’huile infusée au romarin
- 4 tasses (1 litre) d’huile d’olive ordinaire
- 1 gousse d’ail, dans laquelle vous aurez fait des incisions pour « l’ouvrir »
- 2 feuilles de laurier
- 1 branche de romarin frais
- 2 cuillères à soupe de grains de poivre noir (entiers)
Salade chaude de pois chiches
- 3 gousses d’ail
- 1/2 oignon rouge, en dés assez fins
- 1 boite (540 ml) de pois chiches (CLIC, c’est les meilleurs)
- 1 tasse (250 ml) de tomates cerise, coupées en deux
- 5 feuilles de basilic, hachées à la dernière seconde
- Le zeste d’un citron, et le jus d’un demi-citron
- 1/4 tasse (80 ml) d’huile d’olive
- 1/2 tasse (125 ml) de bouillon de poulet
- Sel et poivre du moulin
Garniture aux herbes, au citron et à l’olive
- Les petites branches intérieures du céleri, hachées en bâtonnets, avec les feuilles
- 3 cuillères à soupe d’olives noires tranchées
- 3/4 tasse (240 ml) d’herbes fraîches (persil, ciboulette, basilic), hachées
- Le jus d’un citron, et son zeste
- 3 cuillères à soupe d’huile d’olive
- Sel et poivre du moulin
La giclure au balsamique
- 1 tasse de vinaigre balsamique cheapo
- 2 cuillères à soupe de miel
Et 4 steaks de thon, de première fraîcheur, d’environ 1 pouce (2,5 cm) de pépais
ü Préparer l’huile au romarin: dans une casserole, ajouter l’huile, l’ail, le romarin, les feuilles de laurier et les grains de poivre. Amener à presque ébullition et retirer du feu. Réservez sur la cuisinière au moins 8 heures, et toute la nuit c’est encore mieux.
ü Préparez la giclure au balsamique : dans une petite casserole, ajouter le vinaigre balsamique et le miel et laisser réduire doucement jusqu’à consistance un peu sirupeuse. Réservez sur le comptoir (cela deviendra encore plus sirupeux en refroidissant).
Tout peut être préparé la veille jusqu’à ce point.

Pendant ce temps
, on constate enfin pourquoi en Belgique ceux qui parlent flamand arrivent au travail avant les francophones :

;)
ü Sortir les steaks de thon et les laisser à la température de la pièce.
ü Préparer la salade chaude de pois chiches: faire chauffer dans une poêle un peu d’huile et y cuire l’ail et l’oignon rouge environ 1 minute.
ü Ajouter les pois chiches égouttés et cuire deux minutes en mélangeant.
ü Ajouter le bouillon de poulet et laisser réduire des deux tiers à feu moyen haut.
ü Enlever du rond de la cuisinière, ajouter les tomates, le basilic, le zeste et le jus du citron.
ü Ajouter aussi 3-4 cuillères de l’huile infusée au romarin. Réserver avec un couvercle dessus fermé à moitié, pour garder chaud.
ü Préparer la garniture aux herbes, au citron et à l’olive : dans un bol, tout mélanger, saler, poivrer
ü Dans une poêle anti adhésive chaude, saisir les morceaux de thon rapidement, pour qu’ils se colorent un peu. Retirer de la poêle. Saler et poivrer chaque côté, puis faire des entailles en « X » sur le poisson pour que l’huile entre bien dans la chair exquise du thon. La recette originale n’avait pas cette étape du passage à la poêle et des incisions, entre autres.
ü Faire chauffer la casserole qui contient l’huile infusée au romarin, jusqu’à ce qu’un thermomètre indique 130 ºF (60ºC). Y plonger les steaks de thon, enlever du feu et laisser reposer 7-8 minutes.
ü Sortir les steaks avec une pince, les éponger sommairement. Il est prêt à servir.
ü Dans l’assiette, disposer au fond une portion de salade de pois chiches, puis le steak de thon, puis la garniture à l’olive et aux herbes sur le thon. Décorer le pourtour de l’assiette avec la giclure au balsamique.
ü Servir avec un chardonnay américain un peu boisé.

samedi 4 septembre 2010

Côtelettes d’agneau à l’italienne

Super recette, et très rapide car ça prends à peu près le temps que l’eau des pâtes se mette à bouillir, et que les pâtes soient cuites. L’agneau est très savoureux, et rehaussé d’une sauce tomate légèrement piquante.
La source de cette recette est un dépliant sur l’agneau de Nouvelle-Zélande. Super recette, mais on préfère l’agneau du Québec!

Recette pour 4 personnes
Temps à prévoir :
20 minutes en tout

- 4 tranches d’agneau, ou 3-4 côtelettes d’agneau par personne
- 3 tomates mûres, hachées
- 2 cuillères à table de pâte de tomate
- 1 oignon, haché
- 4 gousses d’ail, hachées
- 1 cuillère à thé de basilic sec (ou frais c’est encore mieux, si vous en avez sous la main)
- 1 pincée de flocons de piment fort (plus ou moins grosse, à votre goût)
- Pasta de type rotinis!
ü Faire bouillir l’eau salée pour les pasta.
ü Durant ce temps, faire dorer à feu moyen-vif l’agneau avec un peu d’huile d’olive. Saler et poivrer.
ü Ajouter le reste des ingrédients, réduire le feu, couvrir et mijoter 10 minutes (vérifiez la cuisson de la viande à ce moment, idéalement l’agneau sera rosé).
ü Je vous l’avais dit que c’était simple!
ü Faire cuire les pasta, al dentier. Bien égoutter et les brasser avec un peu d’huile d’olive.
ü Servir en mettant de la sauce sur les pasta, et ajouter du parmesan râpé.
Pendant ce temps, Gaza 1956! C’est le titre de la brique que je viens de terminer. C’est un BD de 400 pages, qui se passe sur la bande de Gaza. Le journaliste-bédéiste Joe Sacco fait enquête sur un fait divers de l’histoire compliquée de cette région, soit un massacre dans un village de palestiniens par des soldats juifs en 1956. J’avais déjà lu un autre livre similaire de cet auteur, qui enquêtait cette fois en Bosnie dans les années 1990.
Le massacre en question a eu lieu lors de la guerre du Sinaï (contre l’Égypte de Nasser en 1956). Cette guerre préventive avait entre autre pour but de faire cesser les attaques des fedayins arabes sur Israël. Après cette guerre éclair, Israël contrôle le Sinaï égyptien, et va éventuellement en retraiter quand la « paix » sera revenue. Sauf Gaza, qui restera sous contrôle d’Israël.

(L’image provient de http://www.geographie-sociale.org/palestine_israel_sinai_1956.htm)
Bien sûr, Israël a le droit de se défendre, surtout à cette époque, mais on se demande toujours s’ils n’en font pas (juste un peu) trop dans l’agressivité, la répression et les « frappes punitives ». Parce que les machabées, ben ... c’est souvent des civils (le dernier exemple date de décembre 2008, décrié par tous les pays – entre 1 100 et 1 400 morts palestiniens (et 13 du côté d’Israël)).
De retour au livre. Un des épisodes de cette guerre est la recherche de soldats égyptiens cachés dans les villages de Gaza. Mais cette recherche de soldats va se tourner en défoulement sanglant…
Malgré le prétexte historique qui pourrait être un peu barbant, le génie de ce livre est que l’on suit le journaliste aujourd’hui alors qu’il rencontre de nombreuses personnes âgées dans cette zone de conflits perpétuels, afin de les faire parler de cette période de l’histoire. Donc le journaliste évolue dans Gaza et, sous le prétexte de cette enquête historique, nous montre la vie des gens de Gaza aujourd’hui : destruction quasi quotidienne de maison la nuit par les soldats juifs; tirs de balles traçantes la nuit de miradors en bordure de la frontière, pour intimider; implantation de colonie juive au milieu de la bande de Gaza (qui est plutôt ignoble en soi, selon moi, mais qui a aussi l’effet (l’objectif?) de couper la bande de Gaza en deux et de contrôler le déplacement des palestiniens chez eux, blocus économique quasi total, etc.
La souffrance et l’humiliation des palestiniens n’a pas de limites, et depuis longtemps. Vraiment, les salauds dans ce dossier ne sont pas toujours du bord qu’on croît souvent, ici, en Amérique. Ce sont ceux aussi qui chez nous ne font rien pour tenter alléger ces souffrances et ferment les yeux par complicité.
Livre très enrageant, mais très instructif, et très recommandé. On comprend plus, sans la pardonner bien sûr, la colère des palestiniens et la violence aveugle qui arrive parfois de l’autre côté de la frontière de Gaza.
Vivement que ce conflit soit réglé, mais est-ce possible compte de toute cette haine, cette agressivité et surtout cette mentalité "oeil pour oeil" ?